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Histoire de la commune

Préambule

En préambule, nous tenons à remercier la famille Fesselet, qui nous a fourni bon nombre d'informations historiques sur Cernier par l'intermédiaire de son site internet ainsi que M. Maurice Evard pour ses nombreuses contributions, en particulier concernant l'historique des noms de nos rues.


Origine du nom

Le nom de Cernier nous donne un renseignement assez précis : les Burgondes, en prenant possession de notre pays, introduisent les lois et coutumes féodales. Le droit de vaine pâture est alors un droit dont tous peuvent user, mais l'exercice de ce droit est funeste à tous les progrès de l'agriculture. Les Burgondes remédient à cet abus en instituant des cens et des redevances qui permettent l'abolition de la vaine pâture. C'est l'origine des nombreux Cernils, enclos réservés et fermés d'une haie, d'une clôture en bois ou d'un mur, dans lesquels l'agriculteur peut, en toute sécurité, se livrer aux rudes travaux de la culture du sol. C'est également l'origine des noms de Cernets, Cerneux, Cernia, Cernier, etc.


Création et évolution de la localité

Primitivement, il est admis que la forêt s'étendait jusqu'au fond de la vallée. Il est probable qu'un jour, un sujet du Comte de Valangin défricha cette portion de territoire afin de cultiver le sol.

Il n'y a actuellement à Cernier aucune maison antérieur au 17ème siècle. Néanmoins, des mentions écrites de l'existance de la localité date du 14ème siècle. Cernier n'a vraisemblablement pas d'origine gallo-romaine ou burgonde.

Cernier resta longtemps une petite localité de campagne sans importance. Ce n'est que lors de la création de réelles voies de communication qu'il devint un centre plus important. Voici l'évolution de la population :


Faits historiques importants

Vers 1300, construction d'une chapelle; ses fondations ont été reconnues en 1962 par l'architecte Jacques Béguin, au cours des travaux de rénovation du temple.

La première mention de Cernies (orthographe de l'époque) apparaît dans un acte de vente de droit de dîme (droit de percevoir l'impôt). Cet acte de 1324 nous apprend aussi que Cernier est une paroisse dépendante de celle d'Engollon.

Au Moyen-Âge, il ne se passe rien d'extraordinaire à Cernier, si ce n'est de classiques disputes entre les habitants, le clergé et les villages voisins (notamment un certain nombre de conflits avec Fontaines et Chézard quant aux limites territoriales !). Entre 1350 et 1650, la peste sévit par intermittence.

Entre 1350 et 1500, le temple est agrandit et, en 1515, la première chapelle est démolie et le choeur est construit, tel qu'il se présente encore à ce jour. A cette époque, la paroisse de Cernier s'étend du Grand-Chézard à Fontainemelon et est une dépendance de celle de Fontaines.

En 1530, la Réforme est prêchée à Cernier par Jean de Belly, curé de Fontaines et de Cernier et, le 15 août, par Guillaume Farel.

Dès 1561, l'histoire de Cernier commence à être écrite par ses habitants. C'est de cette année-là que date le plus ancien volume des procès-verbaux de l'Assemblée des communiers. L'assemblée gère aussi bien les affaires civiles que religieuses. Durant plus d'un siècle les séances sont rares. Elles se tiennent au temple ou sur le lieu du problème dans les champs et la forêt.

Le XVIIème siècle est marqué par l'engagement du premier instituteur, en 1649, pour instruire les enfants et les adultes. En 1688, la communauté de Cernier est autorisée à acquérir un bâtiment pour y tenir l'école et les assemblées.

Au XVIIIème siècle, les habitants doivent faire face à des ours et des loups. De plus, des afflux de réfugiés mettent en péril la sécurité des paysans et conduit à la mise en place de "chasse aux gueux" dans les années 1740. En 1750 est fondée la chambre de charité. Dès cette époque, des horlogers viennent s'établir à Cernier.

En 1873 s'ouvre une imprimerie éditant Le Réveil , organe des Radicaux du Val-de-Ruz et du Vignoble.

En 1875, Cernier demande par pétition à devenir chef-lieu du Val-de-Ruz, à la place de Fontaines. Comme le village voisin ne désire pas entrer en matière, le dossier est transmis au Conseil d'Etat pour rapport. Ce dernier est présenté au Grand Conseil le 21 novembre 1877, puis est renvoyé à une commission de sept membres. Cette dernière arrive à la conclusion que Cernier se trouve dans une meilleure situation financière que Fontaines, et le Grand Conseil fait de Cernier le chef-lieu du district.

Le 12 octobre 1885 est inaugurée l'école d'agriculture. Cette école est principalement née des efforts de Frédéric Soguel, au travers d'une motion acceptée le 13 mai 1883 par le Grand Conseil. Après seulement une année de fonctionnement, et au vu du succès remportée par l'école, elle devient l'Ecole cantonale d'agiculture, par décret du Grand Conseil du 19 novembre 1886. Cette école fermera ses portes dans la dernière décennie du XXème siècle, pour laisser la place au Site de Cernier ainsi qu'à l'Ecole Cantonale de Métiers de la Terre et de la Nature.

En 1897, la fabrique de meuble Jules Perrnoud et Cie (fondée en 1867) devient une société anonyme. Elle se développe très rapidement et devient la plus grande industrie de la région. De nos jours, elle n'existe plus...


Citations historiques et anectotes

1324 : "in perrochia de Cernies" (dans la paroisse de Cernier)

1324 : "et nomine omnium personarum de Fontibus, de Cernies, de Boudevilliers, deis Ginevois..." (et au nom de toutes les personnes de Fontaines, de Cernier, de Boudevilliers, des Geneveys...

1693 : "Cernier, Chésard le petit et Fontainemelon sont trois villages qui ne font qu'une paroisse dont l'église est annexée à la Cure de Fontaines, ils sont assis au revers d'une branche du Mont Jura regardant l'Orient d'Esté, dans un terroire assez bon. On a trouvé une eau médicinale à Cernier, couverte de papillotes d'or et de petits atomes émaillez de couleurs vives et belles comme l'arc-en-ciel, laquelle étant mise en usage, ne fait pas moins d'effet que celles de Rochefort."

1795 : "Cernier, grand et beau village; il est aisé, et la Commune est riche, surtout en forêts de sapins. Les terres y sont bonnes."

1813 : Lors du passage des alliés, vingt dragons du corps de l'archiduc Jean arrivèrent à Cernier, croyant arriver à Serrières où leur logement étaient retenus. Furieux de cette course inutile, les dragons cassèrent les vitres des maisons, battirent le gouverneur, réquisitionnèrent du vin et des vivres, menacèrent de mettre le feu au village, si on en ne leur accordait pas tout ce qu'ils réclamaient. On chercha à les calmer et le lendemain on les remit sur le chemin de Serrières. Cernier dépensa pour les troupes alliées 1740 livres (2418.60 Frs) !